Le cheval hyperlaxe n'a pas besoin de se détendre !

On entend souvent qu'un cheval raide ou inconfortable a besoin de se relâcher davantage. Pourtant, chez le cheval hyperlaxe, la réalité est tout autre : ce dont il a le plus besoin, c'est de développer sa proprioception, sa stabilité et sa conscience corporelle.

La sélection moderne a favorisé des chevaux de plus en plus mobiles, notamment pour obtenir davantage d'amplitude et un effet spectaculaire dans certaines disciplines comme le dressage. Cette grande souplesse peut être impressionnante à regarder, mais elle n'est pas sans conséquences pour le bien-être et la longévité de nos chevaux.

Un corps très mobile doit être capable de se stabiliser. Sans cette stabilité, le cheval doit fournir un effort permanent pour organiser ses mouvements et protéger ses articulations.

L'hyperlaxité peut contribuer à certains défis, notamment une moindre stabilité posturale, une sollicitation accrue des tissus de soutien, et possiblement une plus grande sensibilité au stress chez certains individus. Chaque cheval reste toutefois unique, et de nombreux autres facteurs — génétiques, environnementaux et liés à l'entraînement — entrent en jeu. 

  • Les lordoses, qui peuvent être accentuées lorsque le système musculaire ne parvient pas à soutenir efficacement la colonne vertébrale.
  • La descente des boulets, signe que les structures de soutien sont fortement sollicitées et que le cheval manque parfois de stabilité.
  • L'anxiété et l'hypervigilance, car un animal qui ne se sent pas stable dans son propre corps peut avoir davantage de difficultés à se sentir en sécurité dans son environnement.
  • Un risque accru de blessures, notamment au niveau des tendons, des ligaments et des articulations, lorsque les mouvements dépassent régulièrement les capacités de contrôle du corps.

L'objectif n'est donc pas de rendre ces chevaux encore plus souples, mais de leur apprendre à mieux utiliser leur corps. Le travail de proprioception, les exercices d'équilibre, les transitions réfléchies, les variations de terrain ou encore certaines approches de travail au sol peuvent les aider à développer une stabilité fonctionnelle.

Un cheval hyperlaxe n'a pas besoin qu'on lui demande davantage d'amplitude. Il a besoin qu'on l'aide à trouver l'organisation, la coordination et la confiance qui lui permettront d'utiliser sa mobilité sans qu'elle devienne une faiblesse.

La véritable question n'est peut-être pas : Comment puis-je le détendre davantage ? mais plutôt : Comment puis-je l'aider à se sentir plus stable et plus en sécurité dans son corps ?


Core Training and Rehabilitation in Horses - PubMed

Hypermobilité et proprioception

En parlant avec une collègue (instructrice Tellington et kiné pour humain), elle-même "hypermobile", elle recommande d'expérience personnelle les bandes Tellington.

Les bandes corporelles Tellington pour travailler la proprioception 🧠 - Bien-être et confiance pour votre cheval, âne ou mulet

Les personnes souffrant d'hypermobilité présentent souvent des signes de mauvaise proprioception.

Les récepteurs proprioceptifs ont du mal à envoyer des signaux à cause de la laxité du tissu conjonctif.

Les muscles ne répondent pas avec autant de précision et de rapidité.

"Les personnes souffrant d'hypermobilité sont (jusqu'à 16 fois) surreprésentées parmi les personnes souffrant de troubles de panique ou d'anxiété. L'hypermobilité est également liée à des troubles psychosomatiques sensibles au stress, notamment le syndrome du côlon irritable, la fibromyalgie et la fatigue chronique et est associée à une hypersensibilité aux stimuli nociceptifs." 

Brain structure and joint hypermobility: relevance to the expression of psychiatric symptoms - PMC (nih.gov)

Joint hypermobility | NHS inform



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