🇫🇷 Les subtilités de la communication : l'histoire de Beano et Hector

La communication, c'est difficile. On se trompe tous parfois.

Beano est un âne vraiment fascinant. Il peut prendre des expressions vraiment rebutantes… et pourtant, je ne me suis jamais sentie inquiète ou en danger en sa présence. Bon, d’accord, peut-être que les premiers jours, je jetais un coup d’œil par-dessus mon épaule quand je m’éloignais de lui à travers le champ… Mais c'était davantage à cause de l'étiquette « agressif » qui lui avait été collée (renforcée par ses nombreux mouvements de tête en serpent!), et de ma réaction très humaine face à cela, plutôt que de ce que je ressentais réellement à ce moment-là. Il faut garder à l'esprit, lorsqu'on est confronté à de l'« agressivité », que celle-ci est souvent associée à la peur.

[Cet article est traduit de l'anglais, lire l'original en anglais - english version.]

C'est un cas tellement intéressant que j'ai pensé que vous aimeriez peut-être voir quelques vidéos et exercer vos propres capacités d'observation ! Garder en tête que Beano a 16 ans, la plupart de sa vie passée tout seul et pour son dernier parage avant de venir chez nous, la sédation était nécessaire pour l'attraper et c'était fait avec un pistolet à fléchettes.  

Dans cette première vidéo, vous voyez comment il était pendant les premières semaines. (C'est à dire après les trois jours qu'il a passés figé au même endroit, tremblant et regardant tout comme si sa tête avait explosé... entre les autres ânes, les écuries avec des trotteurs - et les canards...! il avait un peu la tête qui explosait quand même...)

Pour aider Beano dans sa rééducation, nous l'avons rapidement mis en contact avec son nouveau partenaire, Hector. Dans l'extrait suivant, on voit Beano interagir avec Hector : ils apprennent à se connaître, même s'ils ne se connaissent pas encore très bien à ce stade. Beano a manifestement quelques problèmes de langage (!) et Hector lui dit en substance : « Pourquoi tu m'insultes ? Bon, je vais t'insulter en retour pour que tu voies ce que ça fait. » (C'est une interprétation un peu ironique, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ! Il y a tellement des communications dans les clips.)

Il faut connaître les bases d'une langue pour éviter la frustration et les malentendus – cela prend du temps à tout le monde.

Ce que nous remarquons, c'est qu'ils gèrent la situation de manière très efficace et calme, qu'ils préservent leur espace personnel, puis qu'ils s'éloignent. C'est de bon augure pour leur future relation. Nous étions plutôt encouragés par l'équilibre qui régnait entre eux à ce stade.  

J'ai pensé vous faire part d'une des interactions que j'ai eues avec Beano au tout début. Il se sentait plus en confiance avec son nouvel ami Hector à ses côtés ; il vient directement vers moi et Hector dans le champ. Je lui ai simplement tendu le dos de ma main. Il a alors alterné entre la lécher et, lorsque Hector s'est approché, la mordre légèrement, et ses oreilles se sont parfois rabattues vers l'arrière — il était surexcité par la situation où il devait interagir avec moi et Hector. Au bout d’un moment, il s’éloigne de nous pour avoir plus d’espace personnel – là où il se sent plus en sécurité.  Puis il revient !  À ce stade, il n’est pas abordable, j’ai donc dû simplement accepter ce qui était possible pour lui ce jour-là ; c’était déjà formidable qu’il se sente capable de s’approcher.  Remarquez que je ne réagis pas à ses expressions faciales – qui ne semblent pas très amicales ! 😆

 C’est comme s’il jonglait avec beaucoup d’émotions (ce qui est le cas, en plus d’une énorme quantité de stimulations sensorielles !) et qu’il n’avait pas le “langage” pour communiquer correctement.

Je vois cela un peu comme chez certains humains : lorsqu’ils sont surstimulés, ils disent des choses inappropriées et n’arrivent pas forcément à exprimer ce qu’ils veulent vraiment dire. Ils n’ont pas les mots, ou leurs émotions prennent le dessus sur tout le reste.

Certaines personnes n’ont tout simplement pas de filtre et disent la première chose qui leur passe par la tête, même si elles ne devraient pas — ce qui est beaucoup moins problématique dans le monde animal…

Il serait très facile de se sentir offensé dans ces situations et de prendre cette communication inappropriée de manière personnelle. Mais cela n’aide pas — et ce n’est pas personnel !

Ce n’est pas un “mauvais comportement”. C’est simplement de la communication. Quand on commence à voir les choses ainsi, cela change complètement la donne.

Ce que nous essayons de pratiquer ici, c’est le concept de neutralité. Ce n’est pas un mauvais comportement, c’est seulement de la communication. Quand on pense de cette manière, tout change. Si nous restons très neutres et que nous ne réagissons pas à sa réactivité — ou à ce qui pourrait être considéré comme un comportement indésirable — nous lui permettons d’explorer d’autres façons d’interagir avec les humains et peut-être revoir ses attentes des humains.

(Bien sûr, si j’avais réellement senti que ma sécurité était en jeu, j’aurais choisi une option comme travailler en contact protégé, avec une barrière entre nous.)

Avec les ânes (et les chevaux), ils peuvent parfois être très confus parce que les humains se comportent de manière incohérente, surtout en lien avec la nourriture. (Des personnes avec un sac de carottes dans une main et un grand bâton dans l’autre, c’est malheureusement quelque chose qu’on voit encore trop souvent avec les ânes !)

Les friandises peuvent être très stimulantes — ils adorent ça ! Mais un âne surstimulé peut devenir impressionnant, et l’humain ne se sent alors plus en sécurité. L’âne, lui aussi, peut être tiraillé entre la peur des humains et son envie de gourmandises ; cela peut être très difficile pour lui et augmenter sa réactivité.

Peut-être que l’humain réagit en disant “non” à répétition, de plus en plus fort, ou en faisant des gestes pour tenter de calmer la situation. J’espère que vous comprenez que cela n’aide pas… et que, le plus souvent, cela stimule encore davantage l’âne en “ajoutant de l’huile sur le feu” ou des bougies.

Une meilleure approche, si vous souhaitez donner des friandises comme des carottes (à forte valeur), serait de les déposer sur le foin ou au sol autour de son abri pour qu’il les découvre, et d’utiliser simplement les gratouilles comme récompense.

Les récompenses alimentaires de faible valeur, comme les bouchons de foin, peuvent être utiles en entraînement car elles les excitent moins — parfois même le foin est une meilleure option. Quand Beano est arrivé, la seule chose qu’il acceptait de manger était du foin, donc je m’en suis beaucoup servi au début.

Beano est donc en train d’apprendre deux “langages” en ce moment : il apprend à parler âne, mais aussi à parler humain. Et évidemment, les échanges entre humain et âne se passent mieux quand l’humain comprend davantage le langage de l’âne…

À la fin de cette dernière vidéo, vous voyez Hector utiliser ses compétences de communication. C’est quelque chose que la plupart des gens ne remarqueraient pas, mais regardez comment il détourne la tête de moi. C’est un signal d’apaisement : il indique qu’il préférerait que je ne lui gratte pas le cou ou la tête.

Il m’a déjà “expliqué” : « Si tu dois me toucher, je préfère des gratouilles au garrot ». Il n’est pas très “tactile”, et moi je suis un peu lente à apprendre — le pauvre, j’étais probablement plus concentrée sur ce que disait Beano à ce moment-là.

Nous avons tous nos préférences personnelles. Tout est une question de communication : sommes-nous capables de communiquer suffisamment efficacement pour bien nous entendre et pour que chacun se sente en sécurité ?

Hector et Beano continuent de construire leur relation à Heehaws, un refuge pour ânes en Dordogne. Ils seront proposés à l’adoption dans une famille très spéciale lorsque le moment sera approprié — tous les deux travaillent encore à gagner en confiance avec les humains.

Voici une interaction plus récente. Cela fait des semaines que nous n’avons plus vu de “mouvements de tête en serpent” chez Beano…💕🙏


Découvrez d'autres moments de tendresse avec Beano ici sur Instagram, ou ici sur Facebook... N'oubliez pas de liker, suivre, commenter et  partager !

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🇬🇧 The intricacies of communication - Beano and Hector's story

Communication is hard. We all get it wrong sometimes.

Beano is such an interesting donkey.  He can make some very off-putting faces... yet I've never felt worried or unsafe in his presence. Okay, maybe in the initial couple of days I did check over my shoulder as I was walking away for him across the field… But that was more because of the label of “aggressive” that had been given to him, (reinforced by a lot of head snaking !)  and my very human reaction to that - rather than what my felt sense was at the time.  Something to remember when dealing with “aggression” is that it is often associated with fear.

[A french version of this article is available - version française.]

He is such an interesting case, I thought you might like to see some videos and practice your own observation skills ! Bear in mind that Beano is 16 years old, has spent most of his life on his own, and his contact with humans has been limited, he has had his feet trimmed occasionally under sedation. The last time his hooves were trimmed before he came to live with us, he was sedated using a dart gun.  

In this first video you see what he was like in the first weeks.  (This is after the 3 days he spent parked in one spot trembling and just looking at everything like his mind had been blown... between the other donkeys, the trotting stables and the ducks... his mind was blown.)

To help Beano with his reeducation, we rapidly integrated him with his new partner Hector.  In this following clip, you've got Beano interacting with Hector and they're working it out together, they don't know each other very well at this point. Beano obviously has some language issues (!) and Hector's like, “What are you swearing at me for? Well, I'll swear back at you then so you see how it feels.” (This is a tongue in cheek interpretation, feel free to leave your observations in the comments !  So many communications happening in these clips.)

You have to know the rudiments of a language to avoid frustration and miscommunication - this takes time to learn for all of us.

What we notice is that they very effectively and calmly deal with the situation, they maintain their personal space, and then they walk away. This bodes well for their future relationship. We were pretty encouraged by the balance between them at this point.  

I thought I'd share with you one of the interactions I had with Beano in the early days. He was more confident with his new friend Hector with him, he comes right up to me and Hector in the field. I just offer him the back of my hand. Then he sort of switches between licking it, and then as Hector approaches, there's a little bite in there, and his ears sometimes go back—he gets overstimulated by the situation of dealing with me and Hector. After a while he moves away from us to have more personal space – where he feels safer.  Then he comes back !  At this point he was not approachable, so I had to simply accept what was possible for him on the day, it was already great that he felt able to approach me.  Notice that I don’t react to his facial expressions – which don’t come across as very friendly ! 😆

It's like he is juggling lots of emotions (which he is, plus a whole lot of sensorial input !) and he doesn't have the language in order to communicate correctly.  I see this as a little bit like with some humans, that when overstimulated, they say the wrong thing and they can't necessarily say what they mean. They don't have the words for it or their emotions override everything. 

Some people just don't have filters and say the first thing on the mind even if they shouldn’t – this is much less of a problem in the animal world !  

It would be very easy to get offended in these situations and to take the inappropriate communication personally. But that doesn’t help the situation – and it’s not personal !  

This is not bad behavior. This is only communication. When you start thinking about it like that, it kind of changes the game.

What we're trying to practice here is the concept of neutrality. This is not bad behavior. This is only communication. When you start thinking about it like that, it kind of changes the game. If we stay very neutral and we don't react to his reactivity - or what might be considered undesirable behavior - we allow him to start to explore how to interact with humans in a different way, and maybe we can change his expectations.
(Of course if I had really felt that I might be unsafe, I would have chosen an option such as working in protected contact with a fence between us.)

With donkeys (and horses) sometimes they can get very confused because humans behave inconsistently, particularly if it is around food.  (People carrying a bag of carrots in one hand and a big stick in the other, is something we sadly see too often with donkeys !)  Food treats can be overstimulating – they like them !  But an overstimulated donkey can be quite intimidating, and then the human doesn’t feel safe.  The donkey too can be juggling fear of people with their desire for yummies, this can be very hard for them and increase their reactivity.

Maybe the human reacts by saying “no” a lot, in increasing volume, or starts gesturing in an attempt to calm things down.  I’m hope you can understand that this is not going to be helpful...  and more often than not stimulates the donkey even more by adding candles.  A better approach, if you want to give treats such as carrots which are high value, would be to put them on their hay or on the ground around their shelter for them to discover, and just use scratches as a reward.  

Low value food rewards such as hay cobs can be helpful if you are doing training because they don't excite them so much - sometimes even hay is a better option.  When Beano first arrived the only thing he would eat was hay, so I used that a lot to start with.

So Beano is learning two languages at the moment. He's learning to speak donkey, but he's also learning to speak human. And obviously, those conversations between human and donkey go better when the human understands more of the donkey language…  

At the end of the this last video, you see Hector using his communication skills. And this is something that most people wouldn't really notice but look how he moves his head away from me. This is a calming signal, he's indicating that he'd really rather I didn't scratch his neck or his head. He’s previously explained to me: “If you're going to touch me, he says, I'd rather have wither scratches”.  He's not big on the the touchy feelies, I'm slow to learn - and poor chap, I was probably more concentrated on what Beano was saying at the time.

We've all got our personal preferences, and it's all about how we communicate, can we communicate effectively enough to get along together and for everyone to feel safe?

Hector and Beano continue to forge their friendship at Heehaws, a donkey rescue in the Dordogne region of France.  They will be up for adoption to a very special home when the time is right for them, both of them are still working on being more confident around humans.  

Here is a more recent interaction.  We haven't see any head snaking from Beano in weeks... 💕🙏


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Et si être “trop gentil” était justement ce dont nos chevaux ont besoin ?

Trop souvent, j’entends cette remarque revenir, presque comme un reproche :

« Vous êtes trop gentil avec lui… »

Comme si la gentillesse était une faiblesse.
Comme si elle empêchait d’être entendu, respecté, ou suivi.

Mais au fond… posons-nous vraiment la question :
👉 Nos animaux ont-ils besoin de moins de gentillesse… ou de plus ?

J'ai récemment eu la conversation avec une cliente, elle s'exprime que, en fait, même petite, elle n'était pas encouragée à passer du temps avec le stade préparatif – pensage, mettre la selle etc - de son poney, et souvent, elle ne pouvait même pas le préparer parce que la selle était déjà mise pour son cours précédent. Et c'était l'étape qu'elle aimait le plus, prendre soin de son poney.  Est-ce qu'il y en a une sélection qui commence à exclure ses enfants de la filière équestre parce qu'ils aimaient moins la partie "monter à cheval".  Paieront les parents des cours où l'enfant ne monte pas mais est très contente de "prendre soin" d'un être vivant incroyable ?  Une pensée intéressante.

La gentillesse n’est pas un manque de cadre

Dans notre relation avec les chevaux, les ânes ou les mules, il existe encore cette idée que pour être respecté, il faut être ferme — parfois dur — et surtout ne pas “trop céder”.

Pourtant, cette vision repose souvent sur une confusion.  Être gentil ne veut pas dire :

  • tout accepter
  • manquer de cohérence
  • éviter les limites

Au contraire.

👉 La gentillesse n’empêche pas la clarté
👉 La douceur n’exclut pas le cadre
👉 Et la coopération naît bien plus facilement dans le respect que dans la contrainte

Un cadre juste, posé avec calme et cohérence, est bien mieux compris — et accepté — qu’un cadre imposé par la pression ou la peur.

Le comportement est une forme de communication

Lorsque l’on regarde un animal réagir, refuser, s’opposer ou se fermer… ce n’est pas un “problème” à corriger.  C’est une information. Un comportement est toujours une tentative de communication :
  • inconfort physique
  • incompréhension
  • stress ou surcharge émotionnelle
  • besoin de sécurité

La vraie question devient alors : Sommes-nous en train d’écouter ?

La gentillesse, dans ce contexte, ce n’est pas être “trop doux”. C’est être disponible pour comprendre, avant de chercher à modifier.

Une autre voie est possible

Dans la méthode Tellington, la gentillesse n’est pas une option. C’est une base.

On y cherche à :

  • améliorer la conscience corporelle de l’animal
  • réduire les tensions physiques et émotionnelles
  • proposer des expériences qui renforcent la confiance
  • inviter à la coopération plutôt que l’exiger

Et cela change profondément la relation.  On ne travaille plus contre l’animal, mais avec lui.

Continuer à être gentil avec ton cheval… avec plus d’outils

Si, au fond de vous, vous ressentez que vous avez envie de rester dans cette approche — respectueuse, attentive, juste —mais que vous aimeriez aussi :

  • mieux comprendre certains comportements
  • gagner en clarté dans vos demandes
  • améliorer la coopération au quotidien

Alors, il existe des outils concrets pour vous accompagner.

Formations avec Robyn Hood, (soeur de Linda Tellington-Jones) à venir vers Metz (57): 

6-8 mai - formation équin
9 mai - formation humain
10-12 mai - formation canin

Plus d'infos et lien en MP ou sur le site tellington-ttouch.fr

 


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Formations certifiantes méthode Tellington TTouch®


🌿 Tellington TTouch® : une approche douce pour l’animal… et pour nous

Stage bien-être équin, bien-être canin et bien-être pour soi...

« Connaissez-vous la méthode Tellington TTouch®
Une approche respectueuse et profondément sensible qui aide l’animal à réduire le stress, retrouver confiance, et se sentir en sécurité dans la relation.

Ce que j’aime dans cette méthode, c’est qu’elle ouvre un espace où l’on apprend à écouter autrement, à entrer en lien par le toucher, la présence et la conscience.
Et ce lien, il transforme autant l’animal… que l’humain.

🐾 La relation humain–animal devient un lieu de co‑régulation, de compréhension mutuelle, de douceur partagée.

✨ Et parce que j’ai à cœur de vous accompagner avec des outils toujours plus complets, je vais également me former au TTouch pour l’humain.
Pour vous proposer bientôt des pratiques qui soutiennent le corps, l’émotionnel et la relation. »

Christelle, participante du stage

Les formations sont ouvertes à tous, si vous débutez ou si vous êtes sur la voie de devenir praticien(ne).


📍 Dates & lieu

• Chevaux : 6–8 mai 2026
• Chiens : 10–12 mai 2026
• TTouch for You (humain) : 9 mai 2026
📍 Escapade – Centre de médiation animale, 19d rue Principale, 57420 Pournoy‑la‑Grasse, France
Tarif : 470 euros pour 3 jours de formation.

🔗 Inscriptions

👉 https://www.helloasso.com/associations/association-tellington-ttouch-france

Le menu !!  




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Qui est Robyn Hood ?

Une formatrice internationale exceptionnelle arrive en France — et nous avons l’opportunité rare de travailler avec elle.  

Non, pas le personnage du folklore anglais qui volait les riches dans la forêt de Sherwood, dans le Nottinghamshire, pour redistribuer aux pauvres… (ça, c’est Robin Hood 😉).

Robyn est la plus jeune sœur de Linda Tellington-Jones. Issue d’une famille équestre, elle montait à cheval avant même de savoir marcher et depuis des années son travail vise à améliorer le bien-être des animaux et leurs relations avec leurs humains.

Les « filles Hood ». La petite sœur, Robyn Hood, Susan Hodgeson, Linda Tellington-Jones et Marion Hood. Les trois sœurs sont toutes devenues d’habiles cavalières et ont passé la majeure partie de leur vie à cheval. www.ttouch.ca

Linda dirigeait une école de formation d’instructeurs appelée Pacific Coast School of Horsemanship en Californie. Robyn y a été élève, puis instructrice. Elle a concouru avec succès en hunter, saut d’obstacles, concours complet, endurance, disciplines western et avec des chevaux islandais.

En 1982, Robyn s’est consacrée à plein temps à la méthode Tellington, développée par sa sœur Linda. Elle a été rédactrice du bulletin mensuel (un journal pour la méthode Tellington riche en articles et études de cas) pendant plus de 30 ans et a joué un rôle essentiel dans la structuration de la méthode pour la rendre transmissible. Depuis 1986, elle enseigne la méthode Tellington TTouch® à plein temps au Canada, tout en voyageant dans le monde entier pour enseigner.

En plus de ses stages itinérants et de son enseignement dans sa ferme à Vernon (Colombie-Britannique), elle et son mari importent et élèvent des chevaux islandais depuis 1976. Elle vit toujours à Vernon avec sa fille et ses petits-enfants.

J’ai rencontré Robyn pour la première fois lors de mon tout premier stage Tellington TTouch à Tilley Farm, près de Bath au Royaume-Uni. J’étais complètement débutante dans la méthode et je n’imaginais pas à quel point le TTouch allait transformer ma vie.   C’est une des rencontres et une expérience qui ont profondément changé ma façon de voir et d’accompagner les animaux.
Robyn m’a à la fois transmis la méthode et les techniques, ET une manière d’enseigner qui respecte profondément chaque individu.

Elle a cette capacité à proposer une amélioration pour l’animal sans jamais faire ressentir à la personne qu’elle a mal fait ou qu’elle devrait se sentir coupable. Bien souvent, l’attention est tellement centrée sur les exercices qu’on ne se rend même pas compte qu’on a changé sa façon de faire… jusqu’après coup.
Vous ne l’entendrez pas dire « Non, c’est faux », mais plutôt : « Hmm, c’est intéressant… avez-vous pensé à essayer… ? »


Avec son immense expérience — des jeunes chevaux aux plus âgés — elle ne manque jamais de suggestions concrètes, simples et applicables. Encore et encore, on observe des transformations positives impressionnantes, tant chez les chevaux que chez leurs humains.  Nous partons avec une meilleure compréhension du comportement (des animaux et des humains!) et des améliorations dans la relation humain-animal (et humain-humain !  Ça peut vraiment changer nos interactions avec les autres).   Les transformations sont souvent rapides, visibles et durables.

Plus récemment, j’ai suivi les formations avec les chiens avec elle — et on retrouve exactement la même approche, avec les mêmes résultats.

En ce qui concerne le travail Tellington, j’ai découvert avec Robyn une subtilité et une finesse qui doivent presque être ressenties pour être pleinement comprises.

Étant moi-même quelqu’un de plutôt calme, posé et non conflictuel, cette combinaison de pédagogie respectueuse, de gestes doux et de toucher léger m’a immédiatement mise en confiance. Elle m’a donné une motivation totale pour revenir en France et partager ce que je pouvais.
J’ai eu la chance de suivre de nombreux stages avec Robyn durant ma formation, et elle continue d’inspirer ma manière d’enseigner aujourd’hui.

Nous voici quelques années plus tard… et Robyn arrive en France !
Nous organisons les stages dans une écurie formidable où j’ai déjà enseigné : Escapade à Pournoy-la-Grasse, près de Metz. Ils pratiquent la médiation animale. Ce n’est pas une grande structure (donc les places sont limitées) cependant, l’essentiel réside dans la qualité humaine et les interactions avec les animaux, car ils partagent pleinement la philosophie Tellington.

Si vous souhaitez profiter de cette opportunité exceptionnelle de travailler avec Robyn, nous proposons 3 stages. Les places étant limitées, je vous recommande de réserver rapidement.

Nous avons placé la journée ‘humain’ (travail sur soi avec la méthode TTouch) au milieu afin de faciliter la participation aux stages chien + humain ou cheval + humain :

6–8 mai : chevaux
9 mai : humain - (TTouch pour vous)
10–12 mai : chiens

Les formations sont ouvertes à tous.
Ceux qui suivront le programme de certification pourront accumuler des crédits, et si vous décidez plus tard de rejoindre le programme, vous pouvez compter cette formation dans vos crédits.



🧡 La confiance est un sentiment de sécurité et de coopération, ce n'est pas de l'obéissance ou de la soumission. Robyn Hood 🧡

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Notre langage est important ! 💬

Notre langage est important ! Il suffit de si peu pour qu'il y ait un malentendu ou que nous puissions offenser quelqu'un...
Il influence notre comportement ++
Je dirai aussi qu'il influence notre cerveau et notre façon de réfléchir.

Je suis récemment reparti d'une manifestation équestre en me demandant si le langage discourtois m'avait choqué parce que j'étais trop sensible en tant que praticienne Tellington ou simplement parce que je suis britannique ! 

Je n’arrête pas de penser que la communication est difficile !  Même quand tu as deux êtres qui parlent la même langue et qui ont pas de difficulté particulière… Donc imaginons les autres situations…. Ceux qui ne parlent pas une langue comme un natif… Ceux qui n'ont pas de langue en commun…  Ceux avec des déficits neurologiques... Ou des cas spéciaux qui manquent l’éducation ou d'expérience de la vie pour bien comprendre les autres - n'importe quel langage.
(J’ai un article du blog à venir sur un âne avec l’étiquette « agressif », qui en fait ne comprenait ni âne, ni humain… comment attendre qu’il soit à l’aise dans la vie ?)

J’aimerais tellement que nous puissions adopter une manière de parler qui soit polie envers tout le monde.  J’entends des professionnels utiliser des mots et du langage pour décrire le cheval et son comportement, et même comment ils vont aborder leurs réactions.  Je suis parfois choqué par le manque de politesse et les suppositions de malintention des chevaux – ou des personnes. 
Moi je crois que nous faisons le mieux qu’on peut avec ceux qu’on a, les animaux aussi.
(Est-ce qu'on fait toujours les bons choix ? Non, bien sûr que non.)

Ça va au-delà de l’utilisation du mot « non » (souvent en augmentation de volume) qui en général n’ajoute rien… ou des expressions que je pense que tout le monde peut reconnaitre comme impolies :

« Il est con. »   « Il est chiant. »   « Il se fout de toi. »  « Il est têtu. »   
« Il fait exprès. »  « Il fait du cinéma. » « Il a du caractère. »   

Mais qui sont des jugements moraux sur le cheval, au lieu de prendre en compte sa confusion, son malaise ou son incompréhension.  Moi je parle des expressions qui banalisent la violence ou la domination, ou ignorent le processus d’apprentissage :

« Faut lui montrer qui est le patron. » 
« Tu le laisses te marcher dessus. »
« Il sait très bien faire, il ne veut juste pas. » 

Ou des mesures de contrôle présentées sous un contexte de « respect » :

« Il se met dans mon espace, donc je dois le remettre à sa place. »
« Je ne peux pas accepter ça, donc je fais bouger les pieds. »
« Il faut qu’il respecte ma bulle. »
« Je rends ça inconfortable pour qu’il choisisse la bonne réponse. »
« Il doit comprendre que ce n’est pas confortable de rester là. »
« J’augmente jusqu’à ce qu’il cède. »

Le cheval apprend en évitant la gêne, mais cela est présenté comme une manière de « l'aider à comprendre » plutôt que de lui imposer une réponse.  Il manque une considération de son état d’équilibre physique ou mental.  L'expression des émotions devient alors quelque chose qu'il faut gérer ou réprimer, plutôt qu'une information à prendre en compte. C'est comme observer un comportement sans curiosité : ils laissent entendre que le cheval a tort, au lieu de se demander pourquoi cette réaction lui semble logique.

Ce n’est pas que ça ne « marche » pas, mais la question est :  c’est quoi le ressenti de l’animal ? et à quel prix ? (soumission, tension, blocage…)

Essayons ensemble d’utiliser un langage plus poli.  Je ne dirai pas que c’est toujours simple, surtout là où des cultures se mélangent, et quand nous avons beaucoup de bougies, mais une considération du langage est un bon début pour le changement de notre comportement vers les animaux et les autres aussi.

Pour ceux qui s’intéressent plus, vous pouvez lire les livres Tellington ou regarder les options pour les stages, ça sera avec plaisir qu'on s’échangera.

Bonne journée 😊

La communication et ses défis

Entre ce qui a été dit et fait,
Ce que nous entendons,
Ce que nous voyons,
Ce que nous croyons voir,
Ce que nous filtrons inconsciemment,
Ce que nous comprenons,
Ce dont nous nous souvenons,
Ce que nous faisons,
Ce que nous pensons faire,
Ce que nous disons faire,
Ce que nous pensons dire que nous faisons,
Ce que le traducteur entend et dit que nous avons dit,
Et ce que la personne ou l’animal avec lequel nous travaillons entend, voit, ressent et comprend…

C’est vraiment un miracle que nous parvenions à apprendre ou à enseigner quoi que ce soit !!

Une citation de 2018 d’un retour après que j’ai assisté à un stage en Suisse.


Photo en haut : Ferney, qui était très attaché aux humains, mais avait des expressions faciales difficiles à lire parfois ! 




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