Notre langage est important !

Notre langage est important ! Il suffit de si peu pour qu'il y ait un malentendu ou que nous puissions offenser quelqu'un...
Il influence notre comportement ++
Je dirai aussi qu'il influence notre cerveau et notre façon de réfléchir.

Je suis récemment reparti d'une manifestation équestre en me demandant si le langage discourtois m'avait choqué parce que j'étais trop sensible en tant que praticienne Tellington ou simplement parce que je suis britannique ! 

Je n’arrête pas de penser que la communication est difficile !  Même quand tu as deux êtres qui parlent la même langue et qui ont pas de difficulté particulière… Donc imaginons les autres situations…. Ceux qui ne parlent pas une langue comme un natif… Ceux qui n'ont pas de langue en commun…  Ceux avec des déficits neurologiques... Ou des cas spéciaux qui manquent l’éducation ou d'expérience de la vie pour bien comprendre les autres - n'importe quel langage.
(J’ai un article du blog à venir sur un âne avec l’étiquette « agressif », qui en fait ne comprenait ni âne, ni humain… comment attendre qu’il soit à l’aise dans la vie ?)

J’aimerais tellement que nous puissions adopter une manière de parler qui soit polie envers tout le monde.  J’entends des professionnels utiliser des mots et du langage pour décrire le cheval et son comportement, et même comment ils vont aborder leurs réactions.  Je suis parfois choqué par le manque de politesse et les suppositions de malintention des chevaux – ou des personnes. 
Moi je crois que nous faisons le mieux qu’on peut avec ceux qu’on a, les animaux aussi.
(Est-ce qu'on fait toujours les bons choix ? Non, bien sûr que non.)

Ça va au-delà de l’utilisation du mot « non » (souvent en augmentation de volume) qui en général n’ajoute rien… ou des expressions que je pense que tout le monde peut reconnaitre comme impolies :

« Il est con. »   « Il est chiant. »   « Il se fout de toi. »  « Il est têtu. »   
« Il fait exprès. »  « Il fait du cinéma. » « Il a du caractère. »   

Mais qui sont des jugements moraux sur le cheval, au lieu de prendre en compte sa confusion, son malaise ou son incompréhension.  Moi je parle des expressions qui banalisent la violence ou la domination, ou ignorent le processus d’apprentissage :

« Faut lui montrer qui est le patron. » 
« Tu le laisses te marcher dessus. »
« Il sait très bien faire, il ne veut juste pas. » 

Ou des mesures de contrôle présentées sous un contexte de « respect » :

« Il se met dans mon espace, donc je dois le remettre à sa place. »
« Je ne peux pas accepter ça, donc je fais bouger les pieds. »
« Il faut qu’il respecte ma bulle. »
« Je rends ça inconfortable pour qu’il choisisse la bonne réponse. »
« Il doit comprendre que ce n’est pas confortable de rester là. »
« J’augmente jusqu’à ce qu’il cède. »

Le cheval apprend en évitant la gêne, mais cela est présenté comme une manière de « l'aider à comprendre » plutôt que de lui imposer une réponse.  Il manque une considération de son état d’équilibre physique ou mental.  L'expression des émotions devient alors quelque chose qu'il faut gérer ou réprimer, plutôt qu'une information à prendre en compte. C'est comme observer un comportement sans curiosité : ils laissent entendre que le cheval a tort, au lieu de se demander pourquoi cette réaction lui semble logique.

Ce n’est pas que ça ne « marche » pas, mais la question est :  c’est quoi le ressenti de l’animal ? et à quel prix ? (soumission, tension, blocage…)

Essayons ensemble d’utiliser un langage plus poli.  Je ne dirai pas que c’est toujours simple, surtout là où des cultures se mélangent, et quand nous avons beaucoup de bougies, mais une considération du langage est un bon début pour le changement de notre comportement vers les animaux et les autres aussi.

Pour ceux qui s’intéressent plus, vous pouvez lire les livres Tellington ou regarder les options pour les stages, ça sera avec plaisir qu'on s’échangera.

Bonne journée 😊

La communication et ses défis

Entre ce qui a été dit et fait,
Ce que nous entendons,
Ce que nous voyons,
Ce que nous croyons voir,
Ce que nous filtrons inconsciemment,
Ce que nous comprenons,
Ce dont nous nous souvenons,
Ce que nous faisons,
Ce que nous pensons faire,
Ce que nous disons faire,
Ce que nous pensons dire que nous faisons,
Ce que le traducteur entend et dit que nous avons dit,
Et ce que la personne ou l’animal avec lequel nous travaillons entend, voit, ressent et comprend…

C’est vraiment un miracle que nous parvenions à apprendre ou à enseigner quoi que ce soit !!

Une citation de 2018 d’un retour après que j’ai assisté à un stage en Suisse.


Photo en haut : Ferney, qui était très attaché aux humains, mais avait des expressions faciales difficiles à lire parfois ! 
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